Colloque

Dire le politique,

Dans un premier sens, relativement extensif,

on peut considérer comme politique toute production verbale

porteuse d’une prise de position sur la répartition

des places des gouvernés dans le monde social,

qu’il s’agisse de légitimer ou de contester

cette répartition (Rancière, 1998).



L’Association des étudiant·e·s diplômé·e·s en études politiques (AÉDEÉP) de l’Université d’Ottawa est fière d’annoncer que son colloque étudiant annuel se tiendra virtuellement du 5 au 9 avril 2021 et aura pour thème « Dire le politique ».

Faisant écho à Rancière, Fischer rappelle que la parole n’est jamais neutre, et que les actes politiques découlent du discours qui en informe le sens (2003). On observe aujourd’hui une démultiplication des supports sur lesquels s’inscrit la parole politique. Ces nouveaux supports, par leur caractère dématérialisé, encouragent la diversification des formes du dire politique (Videau, 2019). L’avènement d’internet et des réseaux sociaux a permis de décloisonner la parole politique. Nouvel espace de liberté d’expression, internet peut s’avérer être un danger pour la démocratie. On y trouve l’expression de l’extrémisme, du complotisme et du populisme (Troude-Chastenet, 2018). La mention de l’existence de « faits alternatifs » par la conseillère du Président Donald Trump, Kellyanne Conway est un exemple de l’arrivée de cette ère de la post-vérité dans la sphère politique. La parole politique revêt la forme d’un outil d’oppression lorsqu’elle est mobilisée par une classe dominante dont l’objectif est la conservation de ses privilèges. En revanche, elle peut prendre la forme d’un puissant outil d’émancipation lorsqu’elle est mobilisée par des groupes minoritaires qui luttent pour faire entendre leurs voix.


Il s’agira ici de s’interroger sur la valeur de la parole politique, de son potentiel, et des formes qu’elle prend dans le contexte actuel. Pandémie, crise migratoire, augmentation des inégalités sociales, raciales, économiques et linguistiques ont de profonds impacts sur l’énonciation du politique. Plusieurs questions pourront animer le débat. En voici quelques-unes : Quels sont les effets de la remise en cause ou la croyance en la parole du politique par les citoyens ? L’usage de la parole en politique est-il réellement un acte d’émancipation ? Quel est l’impact du discours politique au sein des relations internationales ? Quelles sont les conséquences de la manipulation du langage dans la sphère politique ? Comment le discours structure-t-il l’action sociale ou encore les politiques publiques ?


Les personnes intéressées à présenter leur recherche sont invitées à soumettre une proposition de communication en français ou en anglais au plus tard le 31 janvier 2021 à 23h59 à colloque@aedeep.ca. Les propositions au sujet des enjeux ci-dessus sont les bienvenues, comme le sont celles portant sur d’autres thématiques. Les auteur·e·s des communications retenues seront notifié·e·s d’ici le 11 février 2021. La proposition de communication doit comprendre un titre, un résumé (environ 250 mots, Times New Roman, caractère 12) et une brève présentation de l’auteur·e (nom, coordonnées, affiliation institutionnelle, programme et niveau d'études). Les participant·e·s sélectionné·e·s devront aussi soumettre une communication complète (3000 à 6000 mots) au plus tard le 19 mars 2021, à 23h59. Ce délai permettra à nos commentatrices et commentateurs de lire les communications et d’offrir une rétroaction de qualité.


Références:

Fischer, Frank. Reframing Public Policy: Discursive Politics and Deliberative Practices, Oxford, Oxford University Press, 2003.

Rancière, Jacques. La Parole muette. Essais sur les contradictions de la littérature, Paris, Hachette-littérature, 1998.

Troude-Chastenet, Patrick. «Fake news et post-vérité. De l’extension de la propagande au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France », Quaderni, vol. 96, no. 2, 2018, pp. 87-101. 

Videau, Anne. « Formes de la parole politique aujourd’hui », La revue Lacanienne, vol. 20, no. 1, 2019, pp. 115-123.



Saying the Political,

In a first, relatively extensive sense,

one can consider as political any verbal production

that conveys a position on the distribution of the places of the

governed in the social world, be it a question of legitimizing or

contesting this distribution (Rancière, 1998)[Our translation].



The Political Studies Graduate Students Association (AÉDEÉP) of the University of Ottawa is proud to announce that its 2021 annual student conference will be held virtually April 5 to 9, on the theme "Saying the Political".


Echoing Rancière, Fischer reminds us that speech is never neutral, and that political acts flow from discourse which informs their meaning (2003). Today, we see a proliferation of media by which the political is expressed. New media, by their dematerialized nature, encourage the diversification of political thought in speech (Videau, 2019). The advent of the internet and social media has made it possible to decompartmentalize political speech. A new arena of freedom of expression, the internet can prove to be a danger for democracy. It harbours expressions of extremism, conspiracy, and populism (Troude-Chastenet, 2018). The use of the term "alternative facts" by President Donald Trump's advisor Kellyanne Conway is an example of the advent of a post-truth era in the political sphere. Political speech becomes a tool of oppression when it is mobilized by a ruling class whose objective is to preserve its privileges. Conversely, it can become a tool for empowerment when mobilized by minority groups struggling to make their voices heard.


Therefore, we propose an inquiry into the value of political speech, its potential, and the forms it takes in the current context. Pandemics, migrant crises, increasing social, racial, economic, and linguistic inequalities have profound impacts on political expression. Several questions can feed our discussion. Here are just a few: What are the effects of citizens questioning or believing political speech? Is the use of political speech really an act of emancipation? What is the impact of political discourse in
international relations? What are the political consequences of the manipulation of language? What is the impact of discourse on social action or even on public policy?


Those interested in presenting their research are invited to submit a paper proposal in English or in French no later than January 31, 2021, at 11:59 pm to colloque@aedeep.ca. Proposals related to the aforementioned subject matter are welcome, as are those on other topics. The authors of the papers selected will be notified by February 11, 2021. The proposal must include a title, an abstract (250 words, 12-font Times New Roman), and a brief presentation of the author (name, contact details,

university affiliation, program, and level of study). Selected participants will also be required to submit a full paper (3,000 to 6,000 words) by March 19, 2021, at 11:59 pm. This deadline will allow our discussants to read the papers and provide quality feedback.


References:

Fischer, Frank. 2003. Reframing Public Policy: Discursive Politics and Deliberative Practices. Oxford, Oxford University Press.

Rancière, Jacques. 1998. La Parole muette. Essais sur les contradictions de la littérature. Paris, Hachette-littérature.

Troude-Chastenet, Patrick. 2018. “Fake news et post-vérité. De l’extension de la propagande au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France,”, Quaderni (96) 2:87-101.

Videau, Anne. 2019. “Formes de la parole politique aujourd’hui,”, La revue Lacanienne 20(1):115-123







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